Pour son édition 2026, le festival LUMINO du Quartier des Spectacles m’a invité à créer une œuvre de projection mapping sur la façade de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).
De cette collaboration est née CODEX, une œuvre de vidéoprojection immersive de 5 minutes, qui métamorphose la BAnQ en une véritable machine à voyager entre les dimensions. Le public est entraîné à travers trois univers distincts :
Les Abysses
Les Mines de feu
La Forêt musicale
Pour l’occasion, le Quartier des Spectacles m’a offert carte blanche, me laissant une liberté totale en matière de création.
J’ai d’abord souhaité mettre en valeur les missions de la BAnQ et son importance au cœur de Montréal. À mes yeux, la BAnQ est un lieu d’évasion accessible à tous : on peut s’y perdre dans un roman policier, une bande dessinée fantastique, jouer de la musique dans les salles dédiées, ou encore créer et réparer des objets dans les espaces d’outillage. C’est un véritable espace à la demande, où chacun vient explorer, apprendre et s’évader. Je voulais donc que mon œuvre reflète cette mission et invite les spectateurs à voyager autant que le fait la BAnQ elle-même.
Dans un second temps, je me suis inspiré du Codex Seraphinianus, une œuvre énigmatique qui semble décrire un ou plusieurs mondes rappelant le nôtre, mais dont les lois naturelles sont entièrement différentes. Cette œuvre incarne pour moi l’évasion et l’imagination à l’état pur. C’est pourquoi je m’en suis inspiré pour concevoir une machine à voyager entre les dimensions, peuplée de créatures évoquant celles de cet ouvrage singulier.
La Machine Codex transporte les spectateurs à travers trois dimensions distinctes, chacune habitée par un personnage central et enrichie de scènes secondaires.
Dans un premier temps, la machine plonge le public dans les Abysses, où l’attend une reine méduse. Ce monde marin abrite une faune étrange et poétique : une Meuhraine, des poissons-visages, des crabes mélomanes et des méduses luminescentes évoluent dans les profondeurs.
Dans un second temps, le voyage se poursuit vers le royaume des Mines de feu. Des circassiens égarés s’y sont réfugiés, animés par un même objectif : récolter des pierres rares afin de les transformer en feux d’artifice flamboyants.
Enfin, la machine conduit les spectateurs dans une forêt magique, peuplée d’animaux mélomanes et de végétaux sonores : l’araignée contrebassiste, l’oiseau-piano et les plantes-batteries composent un univers où la nature devient musique.
Le processus de création a été pour moi une véritable opportunité de lâcher prise et de laisser libre cours à mon imagination.
Il a d’abord fallu écrire un scénario, gérer les timings, concevoir les storyboards, réaliser les illustrations, puis les animations et le compositing.
Ce processus, à la fois exigeant et extrêmement riche, m’a beaucoup appris sur le travail de réalisation. Il m’a surtout permis de prendre conscience de ma capacité à porter ce type de projet de bout en bout et à créer, seul, un univers complexe et cohérent.
Un immense merci au Quartier des Spectacles pour cette merveilleuse opportunité, et tout particulièrement à Majda Sahla, qui a découvert mon travail et m’a accompagné avec un soutien précieux tout au long de la création de ce projet.